Liens de Garantex avec le crime organisé et le Kremlin: une investigation révèle

Mar 13, 2024 | Crypto-monnaies

Une enquête récemment menée a mis en lumière des connexions troublantes entre une société liée à la plateforme d’échange de cryptomonnaies Garantex, déjà frappée de sanctions, et des acteurs du crime organisé ainsi que des entités contrôlées par le Kremlin. Ces réseaux d’influence et de pouvoir soulèvent des préoccupations quant à un éventuel laissez-faire ou une possible utilisation de cette plateforme par les autorités russes à des fins qui restent obscures.

Changements mystérieux dans l’actionnariat

Selon l’investigation menée par Eesti Ekspress et l’International Consortium of Investigative Journalists, peu après le décès suspect de l’un des cofondateurs de Garantex, un autre actionnaire a été remplacé dans les registres commerciaux par un individu ayant des liens avec Rosneft, la société pétrolière contrôlée par le gouvernement russe. De plus, l’utilisation de Garantex par des groupes terroristes désignés tels que le Hezbollah, ainsi que par des groupes criminels en Ukraine et d’autres acteurs illégaux a été établie, renforçant ainsi les inquiétudes sur la régulation de cette plateforme.

Un réseau complexe allant du crime organisé au gouvernement

L’analyse des données révèle que les filiales de Garantex entretiennent des relations non seulement avec le gouvernement russe mais aussi avec des leaders de gangs criminels à Moscou, illustrant un écheveau complexe alliant gouvernance et milieux interlopes. Richard Sanders, analyste américain spécialisé dans la cyberforensique, a souligné l’intérêt stratégique pour le gouvernement russe de maintenir Garantex opérationnel, compte tenu des renseignements pouvant être tirés de ses connexions au cybercrime et à la vente de drogues en ligne, deux activités également mentionnées dans les sanctions prononcées par le Trésor américain.

Positions ambiguës et implications juridiques

Les changements dans l’actionnariat ont été marqués par le remplacement d’un des cofondateurs peu de temps après le suicide mystérieux de Drugalev, l’un des actionnaires fondateurs. De plus, des liens familiaux et commerciaux avec des dirigeants d’entreprises proches du Kremlin ont été mis en évidence, soulignant une imbrication possible de la sphère économique et politique. Garantex, pour sa part, a refusé de commenter sur sa structure d’entreprise ou ses liens avec le gouvernement russe ou avec des acteurs du crime organisé.

Activités continues malgré les sanctions

Malgré les sanctions américaines et la perte de sa licence en Estonie, Garantex reste en activité et continue à réaliser des transactions de plusieurs millions de dollars par mois. Ce maintien en activité soulève des doutes sur l’efficacité des régulations en place et sur la capacité des entités comme l’OFAC à limiter le pouvoir de telles plateformes dans le paysage financier mondial.

En conclusion, bien que cet échafaudage d’alliances et de partenariats douteux mette en lumière les défis posés par la régulation des cryptomonnaies, l’attention continue portée par les autorités et les tiers à ce problème permet d’espérer un renforcement des mesures de contrôle pour prévenir l’utilisation illicite de ces technologies.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nos autres articles.