Les partis politiques face aux cryptomonnaies : quels enjeux pour les législatives 2024 ?

Juin 28, 2024 | Crypto-monnaies

Entre un besoin de régulation accrue pour certains et une démocratisation souhaitée pour d’autres, le débat sur les cryptomonnaies divise la scène politique française. Alors que les élections législatives de 2024 se profilent à l’horizon, ce sujet brûlant reste absent du programme de nombreux partis. Cette divergence de vues soulève des questions cruciales sur l’avenir des crypto-actifs en France et sur le rôle que pourraient jouer les élus pour encadrer ce secteur en pleine expansion.

Le Nouveau Front populaire, quant à lui, prône une régulation stricte des cryptomonnaies. Les dirigeants du parti affirment que ces actifs sont souvent utilisés comme des outils de spéculation, ce qui les rend inaccessibles à une partie de la population.

Le Nouveau Front populaire exige un cadre plus strict

Pour le Nouveau Front populaire (NFP), les cryptomonnaies sont avant tout des instruments de spéculation qui “profitent aux riches” et nuisent à l’émancipation sociale. C’est pourquoi le parti souhaite davantage de régulation et d’imposition de ces actifs numériques. D’après Éric Coquerel, député LFI sortant et candidat à la réélection, ce sujet n’est “pas sur la table actuellement”, mais il affirme qu’il serait favorable à une régulation accrue, similaire à celle en vigueur pour les marchés financiers. Boris Vallaud, député socialiste sortant, partage cette opinion, soulignant que bien que la régulation des cryptomonnaies ne soit pas une priorité immédiate, elle pourrait le devenir à l’avenir. Les Républicains, quant à eux, ne se montrent pas très préoccupés par cette question pour l’instant.

Écologistes : une priorité pour la lutte contre les activités criminelles

Les Écologistes du Nouveau Front populaire, menés par Marie Toussaint, souhaitent franchir une nouvelle étape dans la régulation des cryptomonnaies. Leur objectif est de renforcer les contrôles nationaux et européens des activités des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) et de lutter contre le financement d’activités criminelles via ces actifs numériques. Pour eux, il est crucial de renforcer les réglementations existantes afin de sécuriser cet écosystème en expansion.

Le RN et les cryptomonnaies : vers une régulation financière ?

Le Rassemblement National (RN) ne considère pas les cryptomonnaies comme une priorité pour le moment. Jean-Philippe Tanguy, député sortant, explique que “qu’il n’y a pas d’arbitrage pour le moment à ce sujet”. Cependant, lors de la campagne présidentielle de 2022, Marine Le Pen avait proposé que les cryptoactifs soient soumis au même régime que les marchés financiers. Ainsi, bien que le parti ne mette pas cette question en avant, il semble favorable à une certaine forme de régulation.

Les partis politiques face aux cryptomonnaies : quels enjeux pour les législatives 2024 ?

Renaissance et la démocratisation des nouvelles technologies

Dans le camp présidentiel, la question des cryptomonnaies n’est pas mentionnée explicitement mais la volonté semble être de démocratiser ce secteur. Paul Midy, député sortant, avait exprimé son soutien à l’innovation dans les technologies de la blockchain et des NFT, affirmant que la France devait être souveraine sur ces nouvelles technologies. Cela montre une certaine ouverture du parti à encourager le développement de ce secteur, tout en assurant une régulation adéquate.

Une candidate pro-Bitcoin aux élections législatives

Une candidature indépendante attire l’attention des amateurs de cryptomonnaies : celle d’Aurore Galves Orjol. Candidate dans la 8e circonscription de l’Isère, elle se présente sans étiquette et souhaite “mettre en lumière Bitcoin”. Selon elle, il est crucial d’intégrer le bitcoin dans la vie quotidienne des Français et de bien encadrer ce secteur pour en tirer les meilleurs avantages. Sa campagne invite les électeurs déçus à “voter Bitcoin” plutôt que de s’abstenir ou de voter blanc.

Selon une consultation réalisée par BFM Crypto, 58,7% des internautes ne voteraient pas en fonction des propositions fiscales sur les cryptos, montrant une certaine indifférence vis-à-vis de ce sujet dans le contexte électoral. Cependant, une étude de l’Adan révèle que 12% des Français possédaient des crypto-actifs au début de l’année 2024, soulignant un intérêt croissant pour ce secteur.

Conclusion

Les cryptomonnaies et les crypto-actifs sont un sujet encore en marge des débats politiques en France, mais leur importance ne cesse de croître. Les élections législatives de 2024 pourraient être l’occasion pour les partis politiques de définir enfin des positions claires sur ce secteur en pleine expansion. Les opinions divergent, allant de la régulation stricte à la démocratisation, mais il est certain que les cryptomonnaies joueront un rôle de plus en plus important dans l’avenir économique de la France. Espérons que cette diversité de vues conduira à des propositions constructives et novatrices pour encadrer et développer ce secteur prometteur.

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